Au Kenya, des abeilles repoussent les éléphants
Si les éléphants font la réputation de Tsavo, une ville située au sud-est du Kenya, ils n’ont pourtant pas bonne presse auprès des fermiers locaux. Les pachydermes empiètent, en effet, sur les voies de migration des troupeaux, sur les pâturages et dévastent parfois les récoltes.
Avec une croissance démographique rapide de ces herbivores géants à Tsavo (dont le nombre a augmenté d’environ 6 000 dans les années 1990 jusqu’à atteindre 15 000 en 2021), couplée à une augmentation nationale de la population humaine (de 54,9 % entre 2000 et 2020), les tensions pour l’espace se multiplient. Les conflits avec les humains sont même devenus la première cause de mortalité chez les pachydermes.
Afin de favoriser la coexistence, une solution écologique et quelque peu particulière a été trouvée par l’organisation non gouvernementale Save the Elephants ainsi que par l’agence Kenya Wildlife Service : les abeilles. Le principe ? Installer des ruches sur les clôtures protégeant les fermes afin de dissuader les pachydermes d’approcher.
William Mwanduka (38 ans) inspecte les ruches abritant des colonies d’abeilles africaines qui ont été intégrées dans une clôture autour d’un acre de sa ferme près de la ville de Voi dans le comté de Taita Taventa le 30 octobre 2024, pour dissuader les éléphants de piller les cultures pendant les saisons de plantation dans le village de Sagalla, à la périphérie du parc national de Tsavo-ouest. Crédit : Tony KARUMBA / AFP
Les abeilles dissuadent 86 % des éléphants d’approcher
Suspendues à quelques mètres du sol afin de les protéger des autres animaux et des insectes, ces ruches forment une véritable barrière naturelle. Craignant d’être piqués, a fortiori sur la trompe, les yeux ou la bouche, des zones qui ne sont pas protégées par leur peau épaisse, les colosses rebroussent chemin.
Selon une récente étude, menée durant…
Auteur: Joanna Blain

