La fête de Newroz, le 21 mars, est un symbole identitaire très important pour les Kurdes. Elle est célébrée dans le monde entier par la diaspora, mais plus particulièrement au Sud-est de la Turquie, la région à majorité kurde. La fête a longtemps été interdite et réprimée par les différents gouvernements turcs, puisque dans l’idéologie kémaliste, les Kurdes étaient des « Turcs des montagnes » sans droit à leur langue ni à leur culture. La banderole qui accueillait les visiteurs à Diyarbakir, la capitale du Kurdistan de Turquie spécifiait bien « Un peuple, une langue, une culture », turques évidemment.
L’arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan en 2003, qui a cherché, dans les premières années de son règne, à négocier avec le PKK et Abdullah Öcalan, son leader emprisonné, a assoupli les conditions de la célébration de Newroz : la fête a été autorisée, elle pouvait même être retransmise en direct. Cette accalmie a duré jusqu’au début de la guerre en Syrie et à la mise en place de l’AANES, l’administration autonome du nord et de l’est de la Syrie.
Les priorités de R. T. Erdogan changent alors drastiquement. La perspective d’un Kurdistan autonome sur le modèle du Kurdistan autonome d’Irak, qui pourrait même revendiquer une partie du territoire turc, le pousse à aider l’Organisation État Islamique, qui massacrait les Kurdes, et à construire un mur de 700 kilomètres tout le long de la frontière avec la Syrie. L’armée turque et ses supplétifs envahissent Al-Bab, puis, en janvier 2018, la province kurde syrienne d’Afrin et, en octobre 2019, les villes de Serêkaniyê et Tall-Abyad.
Dans le même temps, tous les maires kurdes élu-es démocratiquement (parfois avec 90% des voix) ont été destitué-es, les dirigeant-es du HDP emprisonné-es, ainsi que des milliers de militant-es de base. Newroz a continué à être autorisé, mais avec des restrictions et une présence policière…
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Auteur: redaction

