Ils sont 20 000 marins coincés depuis des jours, voire plus de deux semaines, autour du détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique au golf d’Oman. L’Iran a fait cesser la circulation dans le couloir maritime depuis début mars, en réponse à l’attaque états-unienne et israélienne débutée le 28 février. Environ 1000 navires sont à présent bloqués dans le golfe Persique. Plusieurs ont été ciblés par des tirs, des missiles ou des drones. Comme le 6 mars, où quatre marins d’un navire marchand émirati sont morts lors d’une attaque.
Le 1er mars, déjà, un marin avait été tué à bord d’un pétrolier immatriculé aux îles Marshall, touché par un projectile alors qu’il naviguait au large d’Oman. Le même jour, un missile tombait sur un autre transporteur, tuant là encore un marin et faisant plusieurs blessés dans l’équipage. Un autre marin a été tué le 11 mars dans la zone. L’Organisation maritime internationale (OMI), organisme des Nations unies, a recensé dix-sept attaques de navires marchands depuis début mars dans la zone.
« Des travailleurs sans lien avec le conflit »
« Au moins six navires de marchandises ont été touchés par des projectiles dans le détroit d’Ormuz au cours des dernières 48 heures, et un porte-conteneurs a également été touché au large des côtes des Émirats arabes unis », alertait encore vendredi 13 mars la Fédération internationale des ouvriers du transport, l’ITF, qui représente les marins.
« Une fois de plus, les marins sont placés en danger direct dans un conflit dont ils ne sont pas responsables, dénonce aussi le secrétaire général de l’organisation, le Britannique Stephen Cotton. Trop souvent ces dernières années, nous avons vu des marins civils devenir les victimes collatérales de la guerre – que ce soit en mer Noire, en mer Rouge ou aujourd’hui dans le détroit d’Ormuz. Ce sont des travailleurs, souvent originaires des pays du Sud, loin de…
Auteur: Rachel Knaebel

