De nombreux ménages vivent toujours à la limite, exposés à la moindre dégradation du contexte économique, politique ou sécuritaire. « Derrière ces chiffres se trouvent des familles qui ne sont qu’à un choc près de retomber dans une insécurité alimentaire aiguë », alerte Anne Valand, représentante du Programme alimentaire mondial (PAM) au Liban, soulignant le rôle déterminant d’une aide alimentaire prévisible pour éviter une nouvelle détérioration.
Des poches de vulnérabilité persistantes
Les tensions restent particulièrement marquées dans plusieurs régions : Baalbek-Hermel, Akkar, Baabda, Zahlé, Saïda, Bent Jbeil, Marjayoun, Nabatieh ou Tyr. Ces territoires cumulent les effets de la crise économique, des déplacements de population et des destructions liées à la récente escalade entre Israël et le Hezbollah, une milice chiite dominante dans le sud du Liban et représentée au sein du parlement du pays.
Produites par la Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un groupe d’experts indépendants faisant autorité en matière de malnutrition, les nouvelles données intègrent pour la première fois les personnes arrivées de Syrie après la chute du régime de Bachar al-Assad, en décembre 2024, reflet d’une dynamique régionale encore instable et d’une pression accrue sur des communautés déjà vulnérables.
Le poids durable du conflit au sud
L’arrière-plan sécuritaire continue de peser lourdement. Après l’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023, la frontière sud du Liban a été entraînée dans une escalade progressive, culminant avec l’invasion israélienne de la zone à l’automne 2024, suivie d’un retrait partiel début 2025.
Plus d’un an après le cessez-le-feu, les destructions sont encore visibles, la reconstruction avance lentement et les déplacements internes persistent. Cette situation freine la reprise économique et alimente l’insécurité alimentaire,…
Auteur: Nations Unies FR

