Que Joseph Aoun soit désormais régulièrement surnommé au Liban « le président des autres sur nos terres » – un retournement de sa caractérisation de la résistance contre l’agression israélienne depuis le cessez-le-feu de novembre 2024 comme « la guerre des autres sur nos terres » –, témoigne à quel point il est délégitimé aux yeux d’une partie importante de l’opinion publique.
Cette délégitimation ne se limite pas au chef de l’État. Elle s’étend également au pouvoir exécutif désormais partagé par Aoun et le gouvernement dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam, lequel, cherchant à s’assimiler à la pleine autorité de l’État libanais, a lancé une campagne sans précédent visant non seulement à interdire la résistance armée, mais aussi à la présenter comme étrangère à la vie sociale et politique libanaise.
Ce faisant, le gouvernement libanais fait table rase de l’héritage de la résistance et de la lutte de libération, reniant ainsi une partie indissociable de l’identité politique « mosaïque » du Liban.
Le mois dernier a confirmé l’adoption complète par l’exécutif libanais d’un projet politique dont l’orientation était claire depuis août 2025 – lorsque le gouvernement a ordonné à l’armée de désarmer le Hezbollah et de détruire les armes saisies –, et dont objectif ultime est de démilitariser le Liban lui-même afin d’apaiser Israël.
Cet objectif a pris une forme coercitive plus explicite le 2 mars dernier lorsque, seulement quelques heures après la reprise des activités de résistance par le Hezbollah – qui avait fait preuve de retenue pendant 15 mois face aux agressions israéliennes persistantes –, le gouvernement a qualifié d’actes criminels ses opérations sécuritaires et militaires.
Le 8 avril, ce projet de pacification a trouvé son expression institutionnelle la plus claire lorsque Nawaf Salam a insisté pour que le…
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