« Vous allez à Damas ? Je vous emmène au cratère ? » Au poste-frontière de Masnaa, à la frontière entre la Syrie et le Liban, c’est l’effervescence en cette matinée chaude de la mi-octobre. Les taxis se bousculent pour être les premiers à transporter les dizaines de familles qui affluent, traînant de lourdes valises et cabas, en direction de la frontière. Dans la nuit du 4 octobre, l’armée israélienne a mené deux frappes sur cet axe routier reliant les deux pays.
Le but : couper l’approvisionnement en armes qui transiteraient de l’Iran via la Syrie jusque dans les mains du Hezbollah. Depuis, c’est à pied que les Syriens du Liban doivent relier la partie indemne de la route, traversant le profond cratère creusé par le bombardement avant de rejoindre les bus qui les transporteront jusqu’au poste-frontière syrien.
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Khaled, 11 ans, peine dans les gravats du cratère. Il y a encore une semaine, il vivait dans la ville de Hermel dans la vallée de la Bekaa. Il y est né après que ses parents ont fui la guerre en Syrie, dès 2011. « Les bombardements étaient très forts vers Hermel, les avions israéliens frappaient sans s’arrêter », explique-t-il en mimant le bruit des détonations. « L’immeuble des voisins a été touché, alors on est partis. Comme on ne sait pas ce qui va se passer, on préfère partir à Damas en attendant », explique le garçon, qui fait la route avec ses deux frères plus âgés.
Comme Khaled, depuis le 23 septembre et le début de l’opération israélienne « Flèche du Nord » contre la milice chiite du Hezbollah, environ 350 000 des 1,5 million de réfugiés syriens au Liban ont pris le chemin du retour, d’après le Comité…
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Auteur: Hugo Lautissier

