« Retailleau, président ! ». Si le grand écran derrière la scène ne montrait pas que la soirée était organisée par l’association Agir Ensemble, le Dôme de Paris – Palais des sports aurait pu être le plus grand meeting du ministre de l’Intérieur dans sa course à la présidence des Républicains. Quand le patron de Beauvau arrive sur scène, il doit attendre plusieurs minutes que les centaines de personnes présentes cessent d’applaudir et finissent par s’asseoir, profitant que des participants lui prêtent un avenir élyséen.
Mais Bruno Retailleau l’assure : la présence de Manuel Valls, ministre des Outres-Mers, « de gauche », sourit-il, montre qu’au-delà de prétendues différences politiques, le public est d’abord venu « faire le serment du Dôme », une « promesse de ne jamais rien céder à l’islamisme ».
Ce « serment » prend la forme d’une « Charte républicaine » qui conclut un petit livret distribué à l’entrée de la salle. Composé de sept articles, le texte promet le retour des « valeurs républicaines » et la défense du « respect », « face à l’augmentation de la délinquance et de la criminalité que le laxisme moral s’efforce de minimiser ». Cette charte ne manque pas de pointer du doigt « des mouvements politiques insurrectionnels, anti-républicains », au sein desquels « l’islamisme se développe par osmose (…) dans un projet commun de saper les fondations de la démocratie ».
N’ayons pas peur des mots. Il faut désigner le mal et l’ennemi pour le combattre.
A. Bensemhoun
Ces clivages idéologiques qu’évoque Bruno Retailleau, il y en aura peu, en réalité, au cours d’un événement qui rassemble surtout des structures proches du Printemps républicain : le Comité Laïcité République, créé en 1989 après l’affaire de Creil, le Laboratoire de la République, piloté par l’ex ministre de l’Éducation…
Auteur: Hugo Boursier

