Le café et le cacao font aujourd’hui partie de notre quotidien, mais la hausse de la demande mondiale pour ces deux produits tropicaux a des conséquences environnementales majeures. Traditionnellement cultivés au sein même de la forêt tropicale, dans des systèmes agroforestiers où les arbres fournissent aux plants de café l’ombre nécessaire à leur développement, café et cacao contribuent désormais de manière importante à la déforestation.
Dans les tropiques, l’extension des zones agricoles est la première cause de déforestation. Or les régions tropicales hébergent la majeure partie des espèces animales et végétales sur notre planète : la perte de forêts tropicales a bien entendu un impact sur le réchauffement climatique, mais elle représente aussi une érosion irrémédiable de la biodiversité.
Les agroforêts reculent depuis plusieurs décennies devant l’extension des monocultures. Ces écosystèmes qui concilient production agricole et préservation d’une partie de la forêt et de la biodiversité qu’elle héberge, sont-ils donc voués à disparaître ? Comprendre les menaces qui pèsent sur ces systèmes culturaux est essentiel afin de limiter la déforestation en zone tropicale, mais les politiques agricoles ont aussi une responsabilité dans ces évolutions.
Par Carvalho et al./Wikimedia, CC BY-NC-SA
La crise de la rouille du caféier au Mexique est une illustration de la vulnérabilité des systèmes agroforestiers et des conséquences environnementales parfois malheureuses de politiques agricoles. Dans une étude récente, nous nous sommes penchés sur les conséquences de cette maladie causée par un champignon microscopique (Hemileia vastatrix), sur la déforestation au Mexique, qui a augmenté en moyenne de 32 % par an entre 2012 et 2018, en particulier dans les zones où était pratiquée…
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Auteur: Isabelle Chort, Professeur d’économie, Université de Pau et des pays de l’Adour (UPPA)

