Alors que les raisons de se révolter s’accumulent depuis des années, tout est désespérément calme. Comme si les attaques incessantes du pouvoir avaient installé une forme de résignation, une sidération au sein d’une grande partie de la population : une société de zombies. Ces deux derniers jours, les lycéens et lycéennes viennent de donner une leçon de lutte, et de rappeler à tout le monde ce que signifie être vivant.
À Saint-Denis, Paris, Nantes, Lyon, Nice, Rennes, Bordeaux et Nice, à Lille, Grenoble et Toulouse, mais aussi à Niort, Sens, Saintes, Toulon, Longwy ou Saint-Nazaire. Bref, sur tout le territoire, des grandes métropoles aux communes moyennes et aux villes de banlieues, des dizaines de milliers de lycéens et lycéennes se sont levé·es. Un mouvement auto-organisé et décentralisé contre les rythmes scolaires abrutissants, le manque de moyens dans l’éducation, la répression, les budgets militaires… Bref, contre ce qui devrait nous pousser à descendre dans la rue par millions.
Ce mardi 29 septembre, le gouvernement reconnaît que 338 établissements sont «concernés» par le mouvement, un chiffre à multiplier par deux ou trois minimum. Il y avait aujourd’hui une traditionnelle procession syndicale pour la «fonction publique», qui aurait été bien morne et inoffensive sans le renfort des lycéen·nes, qui ont organisé des cortèges de tête dans de nombreux défilés et apporté leur énergie.
Rien qu’en Île-de-France, 75 établissements étaient bloqués et 20 étaient le «théâtre d’affrontements» selon les autorités. Car en plus d’être les seuls à tenir debout, les lycéen·nes font face à une répression féroce et y résistent en nombre. Face à la violence déchaînée des lâches en uniforme, payés pour frapper et terroriser des adolescent·es, des feux d’artifice, des feux et des barricades ont été aperçus dans de nombreux endroits du pays. Des dizaines de…
Auteur: B
