Au Népal, le contrôle du Tibet par la Chine complique la prévention des crues


L’ESSENTIEL

  • Une crue soudaine a ravagé, le 26 août, la zone frontalière entre le Népal et le Tibet, faisant au moins un millier de morts et de nombreux disparus.

  • Le manque de coopération et le faible partage de données entre le Népal et la Chine (très réticente à communiquer des informations, quelles qu’elles soient, sur le Tibet) empêchent d’alerter efficacement les populations en aval.

  • Les constructions népalaises dans une vallée instable expliquent aussi en partie le lourd bilan humain.


Ce 26 août, en à peine quelques minutes, le poste-frontière entre le Népal et la Chine – Rasuwagadhi du côté népalais et Gyirong du côté chinois – a été détruit par une crue soudaine provoquée par l’effondrement d’un glacier. Des villages, des ponts et des routes des deux côtés de la frontière ont été emportés.

On dénombre au moins 1 000 morts et de nombreux disparus, parmi lesquels des touristes et des pèlerins. Le bilan définitif ne sera pas connu avant plusieurs jours, car les zones les plus touchées sont difficiles d’accès. En ce qui concerne le Tibet, compte tenu de du contrôle draconien de l’information exercé par la Chine, le bilan réel pourrait ne jamais être connu.

Une fois les opérations de secours terminées, le Népal, pays pauvre, devra s’atteler au difficile défi de la reconstruction. Il s’agira du premier véritable test pour le gouvernement qui a pris le pouvoir en mars, après qu’une révolution largement portée par la génération Z a balayé les partis traditionnels.

Le gouvernement du premier ministre Balen Shah cherche à éviter de dépendre de l’un ou l’autre de ses grands voisins, la Chine et l’Inde, ou de se retrouver pris au piège de leur rivalité. Il tente d’affirmer une certaine autonomie stratégique en traitant avec New Delhi, avec Pékin, mais aussi avec Washington sur un pied d’égalité.

Le fait que le Népal soit frontalier du Tibet, une région…

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Auteur: Dibyesh Anand, Professor of International Relations and Deputy Vice-Chancellor, University of Westminster