Au Niger, un Noël amer pour les Français après la fermeture de leur ambassade

Dans le jardin d’un hôtel, près du fleuve Niger, pas de sapin ni de bûche glacée. À l’ombre des manguiers, on boit des pichets de sirop à l’eau et on picore des brochettes de capitaine agrémenté de crêpes au sucre. Le thermomètre affiche plus de trente degrés, mais pas de quoi oublier Noël. « C’était important de marquer le coup et de se soutenir, surtout dans ce contexte, certains enfants ne se sont pas vus depuis des mois », souffle Hassia, une Franco-nigérienne qui organise chaque année avec quelques bénévoles un repas à Niamey, pour les familles binationales et les Français installés au Niger.

Triste menu

La veille, le 22 décembre, alors que les derniers soldats tricolores quittaient le pays, actant la fin de plus de dix ans de présence militaire française au Sahel, tous ont suivi dans la foulée l’annonce de la fermeture de leur ambassade dans la capitale. « On n’a reçu aucun message, on l’a appris par la presse », regrette Alain Vollet, un enseignant à la retraite, qui vit depuis douze ans au Niger. Comme beaucoup ici, il a d’abord vu circuler sur les réseaux sociaux une lettre de licenciement collectif signée par l’ambassadeur. Le personnel devrait être indemnisé. Lors du coup d’État, l’enclave avait violemment été prise pour cible par des manifestants. « Depuis, l’ambassade fait l’objet d’un blocus des forces de l’ordre nigériennes qui contrôlent chaque entrée et sortie du bâtiment », assure une source diplomatique française.

Au Sahel, c’est la première fois que Paris décide de fermer une de ses représentations depuis la série de coups d’État ces dernières années au Mali et au Burkina Faso, où les juntes militaires ont également chassé l’armée française. « C’est une décision précipitée et brutale. J’ai du mal à comprendre, on ne ressent aucune hostilité vis-à-vis des Français. Pour moi, c’est politique, pas sécuritaire ! »,…

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Auteur: Sophie Douce (à Niamey, Niger)