Au Pakistan, le dauphin de l’Indus a été sauvé de l’extinction

Un dauphin « aveugle »

Il nage sur le côté dans les eaux troubles de l’Indus, grand fleuve d’Asie du Sud, mais n’y voit presque rien. Au fil de millions d’années d’évolution, le dauphin de l’Indus a perdu l’usage de ses yeux au profit d’une remarquable écholocalisation. Une drôle de silhouette, devenue le symbole d’une conservation qui commence à porter ses fruits.

Car le bhulan, comme on l’appelle au Pakistan, revient de loin. Barrages, canaux d’irrigation, pollution et pêche avaient réduit son aire de répartition historique d’environ 80 %. Sa population, estimée à quelque 10 000 individus à la fin du XIXe siècle, s’était effondrée jusqu’à 617 dauphins en 2001 !

Deux décennies plus tard, la courbe s’est inversée. Une étude publiée en 2025 dans la revue Endangered Species Research estime désormais leur nombre à 1 987 individus. Entre 2011 et 2017, la population a progressé de 19,4 %. Un sursaut que les chercheurs associent notamment aux mesures de protection engagées depuis les années 1970.

Cette embellie ne change toutefois rien à sa vulnérabilité extrême. Le dauphin de l’Indus demeure classé « en danger » par l’UICN. Et : « La grande majorité de la population mondiale restante se trouve au Pakistan », rappelle Hamera Aisha, autrice principale de l’étude de 2025, auprès du média Mongabay.

Si ces populations disparaissaient de l’Indus, il n’existerait « aucune population comparable ailleurs » capable d’assurer la survie de l’espèce.

Un sanctuaire de 400 kilomètres

Le Pakistan entend désormais protéger cette renaissance. En juin 2026, la province du Pendjab a créé un nouveau sanctuaire couvrant près de 200 kilomètres de fleuve. Relié à la réserve déjà existante dans le Sind, il forme désormais un corridor protégé continu de 400 kilomètres.

Pour Hamera Aisha, cette nouvelle aire constitue « un élargissement important de la protection officielle au…

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Auteur: Joanna Blain