C’est une superbe bâtisse, rayonnante sous un soleil déjà chaud pour la saison. Devant la façade blanche aux boiseries rouge brique, le tapis végétal printanier court jusqu’aux premières collines, derrière lesquelles se cachent les Pyrénées. Une carte postale basque. Difficile de faire surgir, ce samedi 16 mars, la scène qui a pris pour épicentre la maison de Béatrice Molle-Haran, sept ans plus tôt, dans le village de Louhossoa.
Jean-Noël Etcheverry – « Txetx » pour tout le monde ici – montre l’ancienne remise où « ça » s’est passé, le 16 décembre 2016. Une poignée de militants y ont convoyé une dizaine de caisses d’armes et d’explosifs appartenant à ETA, ainsi que des outils pour les mettre hors d’usage. L’opération secrète tourne court : les forces de l’ordre viennent de donner l’assaut. Txetx Etcheverry a juste le temps d’envoyer à quelques journalistes un communiqué expliquant leur intention : il ne s’agit pas d’une résurgence terroriste, comme l’annoncera hâtivement un premier communiqué du ministère de l’Intérieur, mais d’une opération de désarmement non-violente organisée à l’initiative de la société civile basque.
17 octobre 2011 Conférence internationale de paix d’Aiete (quartier de Saint-Sébastien). Six personnalités internationales, dont Kofi Annan, Jonathan Powell et Gerry Adams, présentent une feuille de route pour la résolution du conflit armé au Pays basque. Trois jours plus tard, le groupe ETA annonce mettre fin à sa lutte armée.
24 octobre 2014 Déclaration de Bayonne. Devant l’inertie de Paris et de Madrid, des élu·es de toutes tendances et des acteurs sociaux…
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Auteur: Patrick Piro

