Covas do Barroso (Portugal), reportage
« Les personnes, l’agriculture, l’eau et l’air pur valent-ils plus que 1 tonne de lithium ? » Les huées montent dans la foule, massée en arc de cercle face à la petite église devant laquelle se tient une avocate en robe noire. À sa gauche, neuf témoins venus exposer leurs griefs. À sa droite, un juge les écoute, marteau à la main.
Un peu plus loin, le mis en cause est ligoté à un poteau. Dans le fond, la verdeur impassible des montagnes du Barroso, tout au nord du Portugal, contemple les débats de ce tribunal populaire. Celui que tous appellent « le salopard » (« sacana ») sera bientôt lynché à coup de bêches, devant une foule ravie de voir ce pantin de carton et de papier servir d’exutoire.
Nous sommes le 9 août, sur la place de la communauté rurale de Covas do Barroso. À l’initiative de membres de l’association Unis en défense de Covas do Barroso (UDCB), ce procès est une mise en scène satirique dénonçant un projet appuyé par le gouvernement portugais et par Bruxelles. Sur cette zone reconnue pour sa valeur agroécologique et ses paysages, l’entreprise britannique Savannah Resources tente d’ouvrir le plus gros site d’extraction de lithium à ciel ouvert de l’Union européenne.
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D’ici 2027, quatre mines pourraient être installées sur les terrains de cette petite communauté rurale. Depuis plusieurs années, une forte mobilisation en fait l’un des cas emblématiques de la lutte contre l’extraction de matières premières critiques (MPC). Celles-ci sont considérées comme essentielles à la transition énergétique, la numérisation et l’industrie de la défense.
Une zone classée Patrimoine agricole mondial
Du 8 au 10 août, l’UDCB a organisé un nouveau campement pour appuyer cette lutte. À la table des témoins, Maria, agricultrice de…
Auteur: Alban Elkaïm

