De qui faisait-on le procès, les 2 et 3 avril derniers, au tribunal judiciaire de Paris, à la 16e chambre correctionnelle spécialisée dans les affaires de terrorisme ? Il y a les deux prévenus, Jean-Noël « Txetx » Etcheverry et Béatrice Molle-Haran. Militants basques, ils sont accusés d’avoir transporté et détenu des armes et explosifs en lien avec l’organisation de lutte armée ETA, co-organisateurs d’une opération de désarmement d’une partie de l’arsenal d’ETA, le 16 décembre 2016, à Louhossoa (Pyrénées-Atlantiques).
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Mais en filigrane, au fil des plaidoiries de leurs avocats, le parquet national antiterroriste (PNAT), représenté par la procureure Aurélie Valente, se retrouve lui aussi interpellé. Huit ans après, la cascade d’événements positifs qui a découlé de l’opération de Louhossoa en valide la pertinence, au point que l’audience a semblé instruire un vieux cas de conscience d’école : un acte illégal, mais qui s’est avéré légitime, mérite-t-il d’être puni ? Et pour simplifier l’étude, les deux prévenus — « Artisans de la paix » comme ils ont été dénommés au Pays basque —, ne contestent nullement l’élément matériel des infractions. « Si c’était à refaire, je le referai, conclura Txetx Etcheverry. Sauf si on a mieux à me proposer. »
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Auteur: Patrick Piro


