Castres (Tarn), reportage
« J’ai essayé de lutter par tous les moyens légaux à ma disposition, mais personne ne nous écoute. » Mercredi 11 décembre, dans une salle d’audience pleine à craquer au tribunal judiciaire de Castres, un homme de 26 ans comparaissait pour « opposition par voie de fait à l’exécution de travaux publics ou d’utilité publique ».
Ce jeune agriculteur s’était installé dans les arbres en février dernier à la zad de la « Crem’Arbre » à Saïx, dans le Tarn, pour empêcher les abattages et la poursuite des travaux de l’A69, qui doit relier Castres à Toulouse : une autoroute écocidaire et socialement injuste. « L’écureuil », un surnom donné aux militants qui « occupent » ainsi les arbres, avait été interpellé par la Cnamo — la cellule de la gendarmerie spécialisée dans les interventions périlleuses — le 21 février.
« En quoi cette action constitue un acte nécessaire pour empêcher le réchauffement climatique ? » a demandé la procureure Mme Frédérique Pujol-Suquet. L’action de cet homme de 26 ans est une « infraction caractérisée puisqu’il avait conscience de retarder les travaux », a-t-elle assuré : elle a requis 300 euros d’amende assortis d’un sursis. Délibéré le 5 février.
« Je n’ai pas pu rester indifférent »
Appelé à la barre du tribunal judiciaire de Castres, celui qui se fait surnommer Rocket Georges a évoqué les raisons qui l’ont poussé à grimper aux arbres. « Je n’ai pas pu rester indifférent face à cette autoroute qui détruit le territoire. À travers mon engagement, j’avais envie de donner une voix à tous les agriculteurs qui subissent la perte de leurs terres, aux familles qui voient des usines à bitume s’installer à côté de chez elles ou aux scientifiques qui alertent sur l’inutilité de cette autoroute et le réchauffement climatique »…
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