Au revoir les Le Pen

Dans le flot de commentaires suscités par le verdict du procès des assistants parlementaires du Front national (FN), et au risque de surprendre, osons soutenir que les peines prononcées par le tribunal de Paris ne sont pas particulièrement sévères. Hormis pour Marine Le Pen. Les condamnations de ses 23 coprévenus et du Rassemblement national (RN), personne morale, sont en effet en deçà des réquisitions du parquet, la 11e chambre correctionnelle ayant pris soin de les individualiser.

S’agissant de l’ex-présidente du FN devenu RN, le tribunal la condamne à quatre ans de prison dont deux avec sursis, soit un an de moins que réclamé par les procureurs. Son amende a également été divisée par trois. Reste la peine complémentaire d’inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire, contestée jusqu’à Matignon.


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Cette condamnation constitue-t-elle « un scandale » ? Un « hold-up démocratique » ? Non. N’en déplaise à ceux qui réclament plus ou moins explicitement pour les élus un privilège contraire à « l’égalité devant la loi [qui] est un des piliers de la démocratie », fort justement rappelée par le tribunal : « En cas de violation de la loi pénale, les élus ne bénéficient d’aucune immunité. »

Or violation il y a bien eu. La gravité des faits reprochés à l’ensemble des prévenus et plus particulièrement à Marine Le Pen, en raison de ses responsabilités, s’étalent sur plus de dix ans. Ils ont été évoqués contradictoirement lors d’un procès on ne peut plus régulier auquel nombre de commentateurs, prompts à dénoncer le jugement qui en résulte, n’ont pas assisté.

S’affirmer candidate à l’élection…

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Auteur: Michel Soudais

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