Un salvadorien exilé en Aquitaine raconte pour nos confrères de LaGrappe.info les évolutions de son pays depuis l’arrivée au pouvoir du président « cool et décontracté » Nayib Bukele. Emprisonnement de masse, construction de méga-prisons, promotion de cryptomonnaies et destruction des services publics à grands coups d’IA. Un nouveau Dubaï pour l’Amérique du sud, technologique et fascisant, en guerre contre sa propre population.
Nayib Bukele a été élu président du Salvador le 1er juin 2019 puis reconduit dans ses fonctions en février 2024, après avoir modifié la Constitution grâce à quelques manoeuvres politiques. Avant son arrivée au pouvoir, il a d’abord transité par tous les bords politiques allant de la gauche marxiste, au sein du FMLN en tant qu’ancien maire de la capitale de San Salvador, en passant par le centre-droit avec le parti GANA, jusqu’à créer son propre parti « ni de gauche ni de droite » : Nuevas Ideas (« Idées Nouvelles »). Il se présente comme un homme politique « anti-système » proche du peuple avec un style vestimentaire décontracté (t-shirt et casquette), opposé à la « vieille élite corrompue » issue du bipartisme traditionnel de l’après-guerre (ARENA/FMLN). C’est grâce à ce discours populiste et une omniprésence sur les réseaux sociaux, notamment sur X, qu’il obtient la « confiance » du peuple avec un taux de popularité jamais vu pour un président salvadorien (près de 85%). Mais une fois arrivé au pouvoir, on comprend très vite que sa ligne politique est plutôt ultra-néolibérale, avec la mise en place des cryptomonnaies comme deuxième monnaie nationale après le dollar américain notamment. Il va également militariser l’espace public dans sa lutte contre les maras, gangs armés, et promouvoir l’utilisation de l’IA pour venir remplacer progressivement la médecine traditionnelle. Bukele se veut un président « outsider innovateur »…
Auteur: dev

