Au Sénat, la loi Climat continue de s'étioler

Peut-on encore attendre quelque chose de la loi Climat ou son échec est-il acté ? En avril dernier, son examen à l’Assemblée nationale avait conduit au fiasco, fiasco qui avait déclenché une mobilisation d’ampleur dans la rue, où des dizaines de milliers de manifestants ont réclamé « une loi à la hauteur des enjeux ». Les associations écologistes dénonçaient « un texte pour rien » tandis que les députés de l’opposition protestaient contre « un enfumage ».

En effet, rien ne permet pour l’instant d’atteindre les objectifs de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, comme se l’est fixé la France au niveau européen. Rien parmi les dispositions votées ne permet non plus de « changer de civilisation, de culture et de mode de vie », contrairement à ce que répète allégrement la ministre Barbara Pompili. Sur les 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat, l’exécutif n’a repris qu’une quinzaine de mesures, reniant par là les promesses de M. Macron.

Les organisateurs de la marche pour le climat du 9 mai ont recensé près de 115 000 manifestants dans toute la France, dont 56 000 à Paris. © Anna Kurth/Reporterre

L’histoire n’est cependant pas tout à fait terminée. Lundi 14 juin, l’examen de la loi Climat débute au Sénat en séance plénière. Le texte a déjà été débattu en commission, à huis clos, la semaine précédente. Près de 700 amendements ont été adoptés. Paradoxalement, alors que le Palais du Luxembourg est dominé par la droite, les sénateurs ont parfois eu une approche plus progressiste et rigoureuse que les députés La République en marche (LREM). Lors d’une conférence de presse, le président Union des démocrates et indépendants (UDI) de la commission de l’aménagement du territoire, Jean-François Longeot, a d’ailleurs affirmé vouloir « rehausser les ambitions environnementales » de ce texte et n’a pas hésité à pourfendre « le manque d’efficacité et de crédibilité » de la version livrée par l’Assemblée nationale.

« La droite ne veut pas être reléguée au second plan sur l’écologie »

À l’approche des régionales, le climat n’échappe pas aux calculs politiques. Pour Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace, les Républicains ont compris qu’ils ne pouvaient plus ignorer le sujet : « La droite ne veut pas être reléguée au second plan sur l’écologie par rapport à LREM. Ils ont réalisé que la vision de LREM était de l’esbroufe et ils veulent se…

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Auteur: Gaspard d’Allens (Reporterre) Reporterre

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