« Au Soudan, il faudra bien, tôt ou tard, imposer un cessez-le-feu »

Au Soudan, la guerre s’enlise dans l’indifférence de la communauté internationale. Tandis que les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti » consolident leur emprise sur le Darfour, l’armée régulière – les Forces armées soudanaises (FAS) du général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane –, se replie dans un discours de guerre totale. Pour l’anthropologue Clément Deshayes, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), la logique du conflit est désormais celle d’une victoire totale : aucune des deux parties ne conçoit la paix autrement que par les armes.

Peut-on imaginer une sortie du conflit par la voie internationale ?

Clément Deshayes : Pour l’instant, non. Les Nations unies et les acteurs régionaux n’ont pas la volonté politique de s’impliquer réellement. Les grandes puissances craignent de froisser leurs alliés régionaux impliqués dans le conflit. Le Soudan a aussi une histoire de défiance envers les interventions étrangères. La mission onusienne au Darfour n’a jamais pu contrôler le territoire. Et aujourd’hui, avec la multiplication des milices, une intervention serait d’une complexité extrême. Pourtant, il faudra bien, tôt ou tard, imposer un cessez-le-feu minimal et des corridors humanitaires.


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Ni l’armée ni les FSR n’envisagent autre chose qu’une victoire militaire. Même les discussions sur des trêves locales ou l’ouverture de couloirs humanitaires échouent. En juin, une trêve proposée par l’ONU a été acceptée par les FAS et refusée par les FSR. Jeudi 6 novembre, une trêve négociée par les États-Unis a été acceptée par les FSR mais refusée par les FAS, qui…

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Auteur: William Jean

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