Au Svalbard, vivre tout au nord du monde : l’extrême, vraiment ?

Une artiste. Une Américaine qui vit en Arctique depuis sept ans. C’est comme ça que l’on m’a présenté Elizabeth Bourne la première fois. Je savais peu de choses sur cette femme d’une soixantaine d’années, lorsque j’ai entrepris d’aller la voir à Longyearbyen, la capitale du Svalbard. Je savais juste qu’elle était un pilier, ici. Une figure incontournable de cette petite communauté de 2 600 âmes, qui pourrait m’aider à comprendre pourquoi on choisit de vivre dans cet archipel si singulier. Loin de tout, dans un froid minéral, tout au nord du monde.

Elizabeth m’a donné rendez-vous à l’autre bout de la cité, dans un endroit appelé Nybyen. La « nouvelle ville » en norvégien. Ville, c’est un bien grand mot. Plutôt une rue bordée de quelques bâtiments fonctionnels.

Nybyen ressemble au dernier morceau de civilisation avant le royaume de la glace et du vent. Un îlot un peu étrange au milieu de nulle part, dont il faut pousser les portes pour trouver un peu de chaleur. Pour le moment, seule sur la route, je marche vent de face, priant pour qu’aucun ours polaire n’apparaisse à l’horizon.

Un décor de « Far North »

Enfin arrivée, je sonne à la porte du Spitsbergen Artists Center, fondé par cette artiste peintre et photographe. Personne. De l’extérieur, l’endroit n’est pas rassurant. On dirait un peu un no man’s land, un décor de Far West – enfin de Far North –, où le vent soulève de la neige plutôt que du sable.

« Ce fut tout de suite une passion ; je veux dire… comme on tombe passionnément amoureux de quelqu’un. »

Elizabeth Bourne

À flanc de montagne, les traces d’une ancienne mine de charbon ajoutent à l’austérité du lieu. En 1946, Nybyen avait été construite pour loger les ouvriers de la « mine 2B », un puits excentré dont il ne reste que des installations…

La suite est à lire sur: www.la-croix.com
Auteur: Marine Lamoureux

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