Hondo (Texas, États-Unis d’Amérique), reportage
« C’est à ça que ça devrait ressembler. » Fohn Bendele montre la surface verte où broutent ses bovins, tandis qu’autour de la parcelle, l’herbe est marron. « C’est sec comme ça depuis des mois », raconte ce propriétaire d’un ranch familial, à Hondo, dans le sud du Texas. 95 % de son comté, Medina, est en catégorie de « sécheresse extrême », le niveau 3 sur une échelle de 4, selon l’US Drought Monitor. Les comtés voisins sont aussi touchés par cette sécheresse qui dure depuis près de trois ans.
Fohn Bendele en fait les frais. Les réserves d’eau du sous-sol, puisée pour l’irrigation, ont drastiquement diminué. Cet éleveur ne peut désormais plus pomper que 100 gallons par minute [378 litres], contre 400 auparavant. Chapeau de cow-boy sur la tête et une Apple Watch au poignet, Fohn Bendele se penche sur l’herbe grillée. « C’est de pire en pire », dit-il.
L’éleveur, incapable de leur donner assez de surface pour brouter, dit s’être débarrassé de la moitié de son troupeau de bovins. Il ne lui en reste que 75 et « sûrement 50 d’ici la fin de l’année ». Pour nourrir toutes ses bêtes, il a dû augmenter les approvisionnements de foin, utilisé d’ordinaire pendant l’hiver pour compenser le manque d’herbe. Son budget foin est passé de 10 000 à 40 000 dollars « et que pour la moitié des vaches », regrette-t-il.
Le sud-ouest des États-Unis est coutumier des sécheresses, mais, accentuées et propagées du fait du changement climatique, elles le rendent très vulnérable. L’éleveur estime que « le changement climatique est responsable à 50 % » de cette période de sécheresse qui l’accable, la pire qu’il ait jamais connue.
Ce fermier qu’avoir une production agricole respectueuse de l’environnement est essentielle. Ses bœufs sont élevés en plein air, pour approvisionner des clients locaux,…
Auteur: Edward Maille

