Sur le terrain, les dynamiques militaires témoignent de cette impasse. En décembre 2025, des forces affiliées au Conseil de transition du Sud, groupe séparatiste actif dans le sud du pays, ont progressé vers l’Hadramaout et Al-Mahra, deux régions de l’Est jusque-là relativement épargnées par les affrontements directs. Loin de rapprocher les parties d’un règlement, cette avancée menace d’ouvrir un nouveau front et d’élargir encore un conflit déjà profondément fragmenté.
Selon l’envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Hans Grundberg, cette recomposition des lignes de force illustre l’échec d’une désescalade qui n’a pas été transformée en cadre politique inclusif. « L’avenir du sud ne peut être déterminé par la force », a-t-il rappelé par visio-conférence mercredi, lors d’une réunion du Conseil de sécurité, soulignant la nécessité d’un règlement « mené par les Yéménites eux-mêmes » et inscrit dans une dynamique nationale.
Un pays morcelé depuis plus d’une décennie
Depuis plus d’une décennie, le pays est enlisé dans un conflit opposant, d’un côté, les houthistes – une milice chiite soutenue par l’Iran et le Hezbollah libanais – et, de l’autre, le gouvernement reconnu par l’ONU et appuyé par une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite. Les rebelles contrôlent la capitale, Sanaa, ainsi que le nord et l’ouest du pays, y compris le port stratégique d’Hodeïda, sur la mer Rouge. Le gouvernement, replié à Aden, conserve la main sur le sud et l’est.
À la tête de l’exécutif reconnu, un conseil présidentiel rassemble une constellation d’acteurs anti-houthistes aux intérêts parfois divergents. Parmi eux figure le Conseil de transition du Sud, soutenu par les Émirats arabes unis, et récemment mis en cause par le Secrétaire général de l’ONU pour ses ambitions séparatistes. Cette fragmentation du camp gouvernemental…
Auteur: Nations Unies FR

