Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire), reportage
Beaumont-en-Véron, 3 000 habitants et une salle polyvalente rutilante, plantée à côté d’un skatepark de compétition. Les rayons de fin de journée illuminent les effets concrets de la manne nucléaire dans cette commune située à une enjambée de la centrale de Chinon.
C’est ici, dans une salle comble d’Indre-et-Loire, que s’est tenue l’ouverture du débat public consacré aux projets de la start-up Newcleo, le 7 avril. Plus de 200 personnes, habitantes et ingénieurs, opposantes et curieux, voisins et militantes venus de loin, ont pris place sur des chaises en rangs d’oignon.
Au cœur du dossier, deux projets portés par Newcleo : un miniréacteur à neutrons rapides de 30 mégawatts (MW) à construire ici, en Indre-et-Loire, et son usine de combustible qui, elle, sera implantée dans l’Aube, et pour laquelle une séance de débat public se tiendra dans la soirée du 9 avril à Nogent-sur-Seine.
La plateforme officielle du débat public détaille un calendrier de réunions thématiques (technologie, finances, etc.) jusqu’au 30 juillet, avec une promesse : permettre à chacun de « s’informer et s’exprimer ». En théorie, tout est prêt. En pratique, les 200 habitants venus le 7 avril — et les 105 internautes connectés durant trois heures — courent déjà après des réponses.
« Une vision lacunaire et irréaliste »
Au cœur de la discussion, un double objet encore flou : le LFR–AS-30, un petit réacteur nucléaire de 30 MW, refroidi au plomb, que Newcleo veut implanter sur 14 hectares de prairie au cœur de la zone artisanale du Véron, aux côtés d’une jardinerie, d’un crématorium et des quatre réacteurs de la centrale de Chinon. « Pourquoi aussi près des habitations ? » demande un habitant, inquiet d’une éventuelle dispersion du plomb radioactif.
Ce démonstrateur, promet l’entreprise, serait la première pierre d’une filière…
Auteur: Laure Noualhat

