Toulouse, reportage
« Ma fille m’a dit de vous ramener tout cela ! » En fin de matinée, lundi 17 février, un homme d’environ 70 ans s’approche de deux grands platanes situés devant le tribunal administratif de Toulouse. Le sac qu’il tient, contenant des viennoiseries et du café, est rapidement accroché à une corde et hissé dans les arbres. « Merci pour le soutien ! » lance une voix depuis les branches du platane.
Là-haut, six « écureuils », le surnom donné aux militants qui luttent depuis les arbres, se sont installés dans la nuit de dimanche à lundi, juste en face de l’entrée du tribunal. « On est mobilisés pour accentuer la pression. Cela fait deux ans qu’on attend que la justice prenne ses responsabilités dans le dossier de l’A69 », dit à Reporterre Tanus, qui est descendu de quelques mètres pour pouvoir communiquer.
La rapporteure publique favorable à l’annulation
Le tribunal administratif de Toulouse doit examiner mardi 18 février la requête déposée par plusieurs associations en juin 2023 pour demander l’annulation de l’autorisation environnementale de l’A69. Si le juge décide d’accéder aux demandes des requérants, le projet de l’autoroute entre Toulouse et Castres serait stoppé.
L’enjeu est de taille, puisque malgré deux ans de chantier, le concessionnaire Atosca doit toujours effectuer des travaux très impactants, notamment le bitumage des quelque 53 kilomètres de tracé.
La décision de stopper l’avancée de l’A69 semblait peu probable au vu des enjeux politiques et économiques pesant de tout leur poids dans ce dossier. Mais elle est envisageable pour les opposants depuis la publication des conclusions de la rapporteure publique, Mona Rousseau. Par deux fois, en novembre et il y a quelques jours, l’enquête de la magistrate indépendante a conclu à l’absence de raison impérative d’intérêt public majeur et a conseillé au tribunal administratif…
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

