Toulouse, correspondance
Pro et anti-autoroute A69 sont fébriles. Une nouvelle audience se tiendra au tribunal administratif de Toulouse mardi 18 février, et le juge pourrait stopper le chantier en annulant l’autorisation environnementale.
Un détail technique pourrait s’avérer crucial : l’avancée des travaux, ou plutôt le gros retard pris par le concessionnaire. L’avancement du chantier n’est pas uniquement une guerre de communication entre les opposants et le concessionnaire, c’est également un argument très important pour la défense d’Atosca au tribunal. Il y a quatre mois, l’avocat de l’entreprise, Me Carl Enckell, déclarait d’ailleurs que « s’il fallait arrêter le chantier, on aurait dû le faire il y a un an », prétextant un avancement trop important desdits travaux.
Arbres abattus, terrassement, constructions d’œuvres d’art… Où en sommes-nous ? La préfecture du Tarn, qui refusait de transmettre les calendriers prévisionnels, a été contrainte de le faire par la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) en juin 2023. Une analyse de ces plannings souligne à quel point les travaux prennent du retard.
Des ponts ou des voûtes en béton ont plus d’un an de retard
« L’organisation et les prévisions du chantier ont été complètement bâclées, c’est un travail d’amateurs. » Thomas Digard, militant dans le collectif d’opposants à l’autoroute A69 qui travaille à son compte dans le secteur du génie civil, est remonté. Comme Reporterre, il a pu consulter les documents fournis par Atosca aux services de l’État.
« On s’aperçoit que certains ouvrages d’art, notamment le pont en béton prévu au-dessus du ruisseau Bernazobre, ont un an de retard voire plus », dit Thomas Bigard. Un coup d’œil au planning d’avril 2023 ? « On voit que les travaux pour cet ouvrage étaient prévus d’octobre…
Auteur: Justin Carrette

