Une audition sous tension au Sénat. L’audition d’Éric Tegnér, fondateur du média Frontières, mercredi 15 avril, s’inscrit dans les travaux de la commission d’enquête sur les « zones grises de l’information ». Cette mission vise à « identifier et mesurer les risques et menaces qui pèsent sur l’espace informationnel français », dans un contexte de transformation rapide du paysage médiatique. Classé à l’extrême droite, Frontières se présente comme un média « d’enquête et de reportage ». Face aux sénateurs, son dirigeant a défendu son indépendance et ses méthodes, tout en dénonçant des tentatives de censure. Mais une séquence a particulièrement cristallisé les tensions : la diffusion d’une vidéo montrant le sénateur Pierre Ouzoulias victime d’un malaise dans l’hémicycle. Fin 2025, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) a été saisi à cinq reprises concernant ce contenu diffusé par Frontières. Le CDJM a estimé que cette publication « n’apportait aucune information d’intérêt public » et qu’elle visait « à ridiculiser, voire humilier » l’élu, retenant l’ensemble des manquements. Dans la foulée, Pierre Ouzoulias a porté plainte en diffamation contre l’éditorialiste Garen Shnorhokian, auteur de la publication et du commentaire accompagnant la vidéo.
« Ce qui était visé, c’était ma dignité humaine »
Interrogé par Public Sénat, le sénateur communiste affirme…
Auteur: Emma Bador-Fritche

