Ça y est, Raphaël Glucksmann s’est enfin déclaré dimanche dernier. Il sera candidat à l’élection présidentielle de 2027. Ou plus exactement,il participe à la primaire des socio-démocrates où il fera face à une brochette de seconds couteaux du PS. Il risque fort de la remporter. Les médias ont déjà sorti les violons. En annonçant sa candidature, Glucksmann en a dit un peu plus sur son programme. Il confirme ainsi une chose à ceux qui hésitent encore : s’il faut refuser de le considérer comme un potentiel « candidat de la gauche », ce n’est pas parce qu’il manque de charisme, qu’il traîne derrière lui une carrière de conseiller auprès d’un dictateur ou qu’il semble planer à 15 000 lieues au-dessus de la population. C’est tout simplement parce que son programme non seulement n’améliorera rien de notre quotidien, mais que, pire, il va remettre en cause les fondements de notre modèle social, à savoir le financement de notre protection sociale par les salaires versés par les entreprises.
Pour montrer qu’il est bien de gauche, malgré son image de bourgeois déconnecté, Raphaël Glucksmann le répète : il veut augmenter les salaires. Dans ce but, il met d’abord en avant une augmentation du SMIC. C’est le mantra habituel des candidats aux élections présidentielles pour présenter un élément de programme clair et facilement compréhensible, qui montre qu’on peut agir sur les salaires. En effet, dans l’état actuel du droit, l’État ne peut bien sûr pas fixer directement l’ensemble des rémunérations du secteur privé, seul le SMIC relève directement de sa compétence. C’est en effet indispensable d’augmenter le salaire minimum qui est aujourd’hui à 1 477,93 euros net (pour 35 heures de travail par semaine), ce qui n’est qu’à peine au-dessus du seuil de pauvreté qui est à 1 337 € euros par personne. Une femme élevant seule son enfant ne peut pas vivre avec uniquement le SMIC. Ce…
Auteur: Guillaume Étievant
