Raphaël Glucksmann a beau vivre dans le monde parallèle de la bourgeoisie politicienne parisienne, il a quand même la télé et il ne lui a donc pas échappé qu’il se passait quelque chose avec la jeunesse du pays. À savoir que partout en France, dans les campagnes, dans les banlieues, dans les outre-mer, et même dans les écoles de bourges, ça bloque, ça occupe, ça scande, ça brûle et ça résiste à la police quand celle-ci mutile, énuclée, fracture, noie, gaze et tamponne à coup de 4×4. Face à cette compréhensible colère vis-à-vis d’un avenir aussi merdique que tout tracé, Raphaël Glucksmann s’est dit qu’il allait finalement peut-être falloir proposer autre chose que d’aller crever sur le “front de l’Est” s’il voulait capitaliser électoralement, comme tout bon politicard, sur la révolte lycéenne. C’est donc ainsi, après un brainstorming fort productif avec sa team marketing, qu’il est venu avec une brillante idée, certainement à même de résoudre la crise existentielle et morale profonde du capitalisme : augmenter les pauvres stagiaires de 300 balles. Être “un petit peu moins pauvre” en voilà une perspective qui fait frémir d’envie les “d’jeuns”. L’ironie est que Raphaël Glucksmann s’étant fait insulter de “stagiaire” à plusieurs reprises par Ségolène Royal, sa concurrente à la primaire socialiste – sorte de jeu télévisé médiocre qui annonce la prochaine saison des Traîtres sur M6 – il devrait être conscient que si le stage est considéré comme une condition dégradante et humiliante par nature, c’est son existence même qui devrait être questionnée et pas seulement sa grotesque rémunération.
“Salut “amis stagiaires”, si vous votez pour moi y a 300 balles à se faire eheh. Ça vous permettra de vous acheter quelques fringues d’hiver avant d’aller crever dans les tranchées.”
Car loin de son rôle de formation affichée (dans le réel, les stagiaires sont…
Auteur: Rob Grams
