« Aujourd’hui, le nouveau front, c’est d’aller faire communauté dans les territoires RN »

C’était une promesse du Nouveau Front populaire après les législatives de cet été : reconquérir les catégories populaires. Le tout, pour renverser l’attrait de celles-ci pour le Rassemblement national, mais aussi, voire surtout, souffler sur ce sentiment de résignation pour qu’il disparaisse. Six mois plus tard, où en sommes-nous ?



La Colère des quartiers populaires / Julien Talpin / PUF / 2024 / 456 pages.

Quelle relation la gauche noue-t-elle avec une frange des populations précaires, celles vivant dans les quartiers de centres urbains ? Comment leurs habitants s’organisent, luttent, avec ou sans le camp progressiste ? C’est à toutes ces questions et plein d’autres que Julien Talpin, directeur de recherche au CNRS – Ceraps à l’Université de Lille, tente de répondre dans une enquête passionnante depuis la ville de Roubaix.

Votre enquête essaie d’explorer cette grande question sociologique : en dépit de leur colère, pourquoi les catégories populaires ne se révoltent-elles pas davantage ? Pourtant, il y a eu les Gilets jaunes, les manifs contre la réforme des retraites, les révoltes après Nahel, etc. Est-ce qu’on n’idéalise pas trop la révolte populaire ?

Julien Talpin : Un des enjeux de mon livre, c’est de donner à voir combien les habitants des quartiers, y compris ceux les moins organisés collectivement, ont une lecture politique des difficultés qu’ils connaissent. Ponctuellement, cette lecture débouche sur des mobilisations collectives, mais peu souvent par des organisations pérennes. Et, surtout, il y a peu de victoires. Le sentiment de résignation, très profond, qui explique aussi les formes de surgissement de la colère, se base sur cette conviction : la politique ne peut pas grand-chose. Le vote, les…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Hugo Boursier

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