Aujourd'hui, Tirana est une ville qui brûle…

Pour décrire la situation de l’Albanie (en révolte elle aussi), le sociologue Julian Bejko nous propose un analogie entre l’accaparement de l’espace commun albanais par les oligarques et le gouvernement Rama, et la réduction de la taille des humains dans le film Downsizing.

Le film d’Alexander Payne Downsizing offre une solution aux difficultés quotidiennes de l’époque libérale : toute personne peut faire partie d’un programme médical, semblable à l’industrie de la chirurgie esthétique ; une équipe de médecins peut réduire la taille des gens, disons de 175 cm à 10 cm. C’est une industrie – fille de celle des nazis – de réduction de la taille des humains, dont, une fois le processus achevé, on ne peut revenir. Mais pour en bénéficier il faut d’abord se soumettre à une intense réflexion et il y a un prix à payer. Il faut vendre tous ses biens, maison, voiture, objets personnels avant de pouvoir profiter du luxe d’un mini-vie dans un espèce d’aquarium – des mini-colonies humaines à échelle réduite. Ces ruches faites d’humains domestiqués, réduits à la condition de modèles réduits, ont plusieurs avantages : ils occupent peu de place, consomment peu d’énergie, utilisent peu de ressources, produisent peu d’ordures et surtout sont débarrassés de tout souci politique, ne sont plus sujets au mécontentement et cessent de se bagarrer avec un régime en fin de course. C’est un monde qui propose de remplacer la vie difficile du quotidien – espace de réflexion et d’action – par une miniature d’hédonisme, le fameux American Dream version maquette dans un aquarium.

Mais peu à peu, le discours du film lui-même en vient à se rétrécir. Il abandonne la réflexion critique implicite sur l’accroissement des élites – downsizing democracy – et sur ces gens qui n’ont désormais, pour se perpétuer, qu’une solution, la…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev