Dans son nouveau roman, Les Derniers Jours du Parti socialiste (Seuil), Aurélien Bellanger dépeint un journaliste racontant la création du Printemps républicain et l’ascension de deux intellectuels médiatiques, toujours plus proches de l’extrême droite.
Les Derniers Jours du Parti socialiste, Aurélien Bellanger, 480 pages, Seuil.
Vous racontez de manière très critique ce petit groupe d’intellectuels, philosophes et journalistes qui défendent et veulent diffuser au sein de la gauche un discours sur la laïcité se confondant avec l’islamophobie. Est-ce qu’il existe, selon vous, un discours sur la laïcité louable à gauche ? Et si oui, où se trouve-t-il ?
Aurélien Bellanger : Je ne suis pas un spécialiste de la laïcité. Mon point d’entrée dans ce roman, c’est le caractère délirant de l’islamophobie en France. Je me suis donc intéressé à la laïcité quand l’Observatoire de la laïcité a été très critiqué, parce qu’il faisait prétendument le jeu du communautarisme. On entendait alors que la religion appartenait d’abord à la sphère privée, mais que ce principe s’appliquait surtout aux musulmans. Il n’a jamais été question, de fait, de dissimuler les clochers d’église. Cette dissonance m’a intéressé. Je voulais montrer, quitte à exagérer, que ceux qui défendent les instructions trop fortes de l’islam dans la société sont les mêmes qui ont trouvé que la loi de 1905 allait trop loin parce que la France, en dernier lieu, était la fille aînée de l’Église.
Vous racontez l’ascension progressive de plusieurs personnages carriéristes. Dans ce cadre-là, l’islamophobie est-elle concrètement une idéologie qu’ils souhaitent porter, ou bien est-ce un argument de vente, parce qu’en ce moment…
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Auteur: Hugo Boursier

