Le maître de la Russie – héritière de l’Union soviétique dont les soldats ont libéré en 1945 le camp de la mort d’Auschwitz – ne sera pas présent aux cérémonies du 80e anniversaire de cet événement, le 27 janvier 2025. La raison : c’est lui, Vladimir Poutine, qui a déclenché la guerre contre l’Ukraine. Des missiles russes tombent toujours sur les villes ukrainiennes à quelques centaines de kilomètres d’Oswiecim, ex-Auschwitz, dans le sud de la Pologne.
L’événement, auquel participent traditionnellement plusieurs chefs d’État, est organisé par le Musée d’Auschwitz-Birkenau. Son directeur, Piotr Cywiński, interrogé par La Croix, expose sa position en termes mesurés mais clairs : « C’est l’anniversaire de la libération. Nous nous souvenons des victimes, mais nous célébrons aussi la liberté. Il est difficile d’imaginer la présence de la Russie, qui ne comprend manifestement pas la valeur de la liberté. Une telle présence serait cynique. J’aimerais que cela soit à nouveau possible un jour, mais – soyons sérieux – certainement pas dans quatre mois. »
Célébrations concurrentes
C’est la troisième fois que Vladimir Poutine manquera cette cérémonie : après la première agression contre l’Ukraine en 2014, il n’a assisté ni au 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz en 2015, ni au 75e en 2020. En 2015, aidé par l’oligarque milliardaire Moshe Kantor à la tête du Congrès juif européen, le Kremlin a cherché à organiser des célébrations concurrentes en République tchèque. Mais l’annexion de la Crimée était dans tous les esprits, l’opération a tourné court et Vladimir Poutine a renoncé à y participer.
Cinq ans plus tard, le 23 janvier 2020, la diplomatie russe a marqué des points : le président russe a pu se rendre à Jérusalem et prendre la parole aux côtés d’Emmanuel Macron, du vice-président américain Mike Pence, du président allemand…
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Auteur: Magda Viatteau (correspondante à Varsovie)

