En Australie, où des élections législatives se tiennent tous les trois ans, les gouvernements sortants peinent d’habitude à être réélus. Et quelques semaines encore avant le scrutin du 3 mai dernier, les travaillistes, au pouvoir, semblaient voués à perdre leur majorité. Or, déjouant les pronostics, ils l’ont largement emporté ; leur victoire surprise s’explique en partie — mais en partie seulement — par le choix discutable des conservateurs de s’aligner sur Donald Trump.
La reconduction triomphale du gouvernement travailliste d’Anthony Albanese lors des élections fédérales de la 48e législature australienne du 3 mai 2025 a mis à mal les sondages et interpellé les analystes, dédits par l’ampleur de sa victoire. Avec 94 sièges sur les 150 de la Chambre des Représentants, l’Australian Labor Party (l’ALP) a très nettement devancé la Coalition conservatrice, essentiellement composée de membres du Parti libéral et du Parti national, qui n’a obtenu que 43 sièges.
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Alors que, durant son premier mandat (2022-2025), celui que ses supporteurs surnomment affectueusement « Albo » avait dû se contenter d’une majorité gouvernementale des plus étroites (77 sièges), les travaillistes ont bénéficié cette fois d’un « raz de marée » encore inespéré il y a quelques semaines lorsque la Coalition devançait les Travaillistes, tant dans les intentions de vote secondaires que primaires, dans un système de vote préférentiel où la redistribution des préférences secondaires peut s’avérer décisive.
Un effet Trump ?
Certains éditorialistes, la BBC en tête, n’ont pas manqué d’établir un parallèle avec les élections fédérales…
Auteur: Matthew Graves, Professeur des universités en Civilisation britannique et Études du Commonwealth, Aix-Marseille Université (AMU)

