Le 5 août 2024, le Premier ministre Sheikh Hasina, la femme politique restée au pouvoir le plus longtemps au monde, a fui le Bangladesh pour se réfugier en Inde. Entre-temps, des centaines de milliers de manifestants sont descendus dans la capitale du Bangladesh, Dhaka. La foule a saccagé sa résidence officielle, occupé le parlement national et incendié sa maison familiale.
Hasina, qui a dirigé le pays pendant plus de 20 ans au total, a été accusée de dérive autocratique et de répression sévère de toute opposition à son pouvoir.
Pour beaucoup, la révolution du Bangladesh représente un espoir face à la montée de l’autoritarisme dans le monde. Elle illustre le pouvoir de la jeunesse face à des dirigeants bien établis et la fragilité de l’autoritarisme. Elle met également en lumière une caractéristique frappante de la politique mondiale contemporaine : la place centrale qu’occupent les capitales dans la vie politique des nations.
Dans notre nouveau livre, Controlling the Capital : Political Dominance in the Urbanizing World, un grand nombre de chercheurs affirment que les capitales sont des sites politiques cruciaux. C’est là que les élites dirigeantes cherchent à affirmer et à maintenir leur contrôle politique, et ce sont aussi des lieux de contestation politique.
L’ouvrage se concentre sur l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, les deux régions du monde qui connaissent l’urbanisation la plus rapide.
Les auteurs explorent les stratégies et les tactiques utilisées par les élites dirigeantes pour dominer politiquement leurs capitales au Bangladesh, en Éthiopie, au Sri Lanka, en Ouganda, en Zambie et au Zimbabwe.
Ils examinent également la manière dont les populations réagissent par rapport à de tels efforts. Les gens peuvent résister à l’autorité, mais ils peuvent aussi coopérer avec elle dans leur propre intérêt, ce qui renforce ou soutient parfois le contrôle autoritaire.
Cet aspect est de plus en…
Auteur: David Jackman, Departmental Lecturer in Development Studies, University of Oxford

