La rentrée marque le retour à plein régime des entreprises du BTP et des administrations, après le ralentissement des mois de juillet et d’août, marqués par la sécheresse, les vagues de chaleur et les incendies. Elle ouvre également une période plus propice aux travaux de défrichement et d’abattage, après la principale période de nidification des oiseaux qui s’étend du 16 mars au 31 août.
Autoroute A412 (Haute-Savoie), ferme-usine à saumons Pure Salmon (Gironde), Centre de rétention administrative à Nantes, Parc manga à Courdimanche (Val d’Oise), LGV Bordeaux-Toulouse, projet du centre de données Campus IA de Fouju (Seine-et-Marne)… La liste est longue : partout des mégaprojets et des terres promises au béton.
De quoi nourrir la colère de ceux qui les combattent. « Malgré l’été de malade qu’on a vécu, les promoteurs vont continuer d’imposer leurs projets écocidaires », s’insurge Anti, membre du collectif Le Nuage était sous nos pieds, engagé dans la lutte contre le développement des centres de données en France.
Et si ces opérations restent soumises à la règlementation relative aux espèces protégées et requièrent la présence d’un écologue, sur le terrain ces règlements sont régulièrement accusés d’être contournés. Ainsi, sur les travaux de l’autoroute A412, l’Association de concertation et de proposition pour l’aménagement et les transports a notamment relevé des entorses aux mesures prévues pour limiter les atteintes à la biodiversité.
« Malgré ses discours et ses engagements sur le climat, l’État soutient la logique de croissance infinie », estime une porte-parole de la coalition nationale de la Déroute des routes, qui rassemble associations et collectifs en lutte contre des projets routiers destructeurs.
Affaiblissement législatif
Si les projets se poursuivent à un rythme effréné, c’est aussi parce que les garde-fous réglementaires se sont…
Auteur: Lucille Giovannelli
