À Vienne, le 6 janvier 2025. Herbert Kickl, le leader du parti d’extrême droite FPÖ, après un entretien avec le président autrichien Alexander Van der Bellen.
Le FPÖ a longtemps cherché à se normaliser en affichant une image respectable et en se présentant comme un partenaire constructif des conservateurs de l’ÖVP. Mais depuis 2021, il a à sa tête un homme, Herbert Kickl, qui a opté pour une nette radicalisation en paroles et en actes. Ce FPÖ moins présentable qu’il y a quelques années est arrivé en tête aux dernières législatives et son leader s’apprête à devenir chancelier, signe que cette stratégie outrancière a porté ses fruits…
L’Autriche semble rattrapée par son histoire. Presque 25 ans après l’entrée de Jörg Haider, alors chef du parti d’extrême droite FPÖ, dans le gouvernement du chancelier conservateur Wolfgang Schüssel, en février 2000, le FPÖ semble plus proche que jamais de s’emparer de la chancellerie.
Une impasse politique depuis les élections législatives qui bénéficie au FPÖ
La séquence politique actuelle a commencé le 29 septembre 2024, date à laquelle se sont tenues les élections législatives pour désigner les 183 députés du Nationalrat (Conseil national), la Chambre basse du Parlement autrichien. 6,3 millions d’électeurs ont été appelés aux urnes.
À l’issue de ce scrutin dont le taux de participation a atteint près de 75 %, le FPÖ est arrivé en tête avec 28,8 % des suffrages (57 sièges), suivi de près par le Parti populaire autrichien (ÖVP, conservateur) avec 26,3 % (51 sièges). Plus loin, le Parti social-démocrate (SPÖ) a obtenu 21,1 % des voix (41 sièges). Enfin, deux autres partis ont dépassé les 4 % nécessaires pour entrer à la Chambre : les Verts (Die Grünen), avec 8,2 % (16 sièges) et les libéraux, réunis sous la bannière Neos, avec 9,1 % (18 sièges).
Auteur: Laurent Gautier, Professeur des Universités en linguistique allemande et appliquée, Université de Bourgogne

