Conjonctivite, écoulement nasal, toux, fièvre, courbatures et nausées… Un certain nombre de travailleurs des exploitations agricoles nord-américaines connaissent de tels symptômes, plus ou moins bénins.
En à peine six mois, déjà 66 cas humains de grippe aviaire H5N1 ont été confirmés d’après les centres pour le contrôle des maladies étasuniens (CDC). Et sans doute beaucoup plus, à regarder de près le tout petit nombre de tests pratiqués. D’après une estimation des CDC, on pourrait même évaluer à 7 % le ratio d’employés contaminés parmi les travailleurs des 950 fermes et mégafermes infectées par le virus de la grippe aviaire H5N1.
En cause : leur contact avec des animaux malades. Sont-ce les prémices d’une pandémie humaine de grippe aviaire ?
La maladie peut être dramatique chez les humains. Le premier décès imputé à la grippe aviaire hautement pathogène H5N1 HPI (Clade 2.3.4.4 b) vient d’être enregistré aux États-Unis. Il s’agit d’un homme de 65 ans mort début janvier en Louisiane.
1 400 poulaillers contaminés dans 50 États
Les cas les plus graves se trouvent chez ceux qui ont contracté cette fameuse grippe aviaire via une exposition directe à la volaille (génotype D1.1), plutôt que par l’intermédiaire des bovins (génotype B3.13). Or, depuis 2022, 1 400 élevages de volaille ont été touchées dans 50 États étasuniens différents. Le 7 janvier, à Hyde, en Caroline du Nord, une ferme usine contenant environ 3 millions de poules pondeuses a été contaminée.
Comme en réponse à cet évènement préoccupant, l’administration Biden a annoncé qu’elle consacrerait 306 millions de dollars (296 millions d’euros) supplémentaires à l’amélioration de la préparation des hôpitaux, à la recherche en phase initiale sur les thérapies contre le H5N1, les diagnostics et les vaccins pour les humains.
Quelques semaines plus tôt, de l’autre côté de la frontière…
Auteur: Yann Faure

