Aux États-Unis, la répression s'abat sur les opposants à la « ville des flics »

Atlanta (Géorgie, États-Unis), reportage

« Vous avez entendu ? Ce sont des policiers qui s’entraînent. Vu la cadence, ce sont des armes automatiques. » Timothy s’arrête subitement et regarde en direction des détonations. Ce riverain nous emmène dans la forêt Welaunee, dans le sud-est d’Atlanta (États-Unis). À quelques encablures du bois, les policiers disposent d’un stand de tir non référencé. Ces détonations répétées donnent un petit aperçu de l’avenir de cette forêt, avec la construction d’un immense complexe d’entraînement pour policiers, surnommé par ses opposants « Cop City ».

Sur 35 hectares, le complexe à 90 millions de dollars abritera une mini-ville pour recréer des situations armées, y compris une zone d’atterrissage pour un hélicoptère militaire Blackhawk. La fondation pour la police d’Atlanta a présenté le centre comme une manière de « remonter le moral » des policiers après d’importantes manifestations en juin 2020 et la mort d’un de leur confrère Rayshard Brooks, lors d’un contrôle policier.

Depuis novembre 2021, des occupants se sont installés dans la forêt. Des raids réguliers de la police visent à disperser les zadistes. La dernière opération a causé la mort d’un des occupants, Manuel Teran, dans des circonstances qu’une enquête doit encore déterminer. En cette fin janvier, seuls les débris des anciennes installations sont visibles.

L’ouverture de Cop City, était prévue initialement pour la fin 2023. Elle a pris du retard car les promoteurs attendaient notamment une ultime autorisation administrative. Mais la multiplication des interventions policières et l’intensification de la répression semblent annoncer un début des travaux imminent. Ceci malgré un recours juridique non suspensif.

« Terrorisme » : un prétexte

Timothy revient pour la première fois sur place depuis le décès de Manuel Teran, dit « Tortuguita » (la petite tortue), âgé de 26 ans, lors d’une opération policière. Il s’arrête sur un chemin, ému : « Je me rappelle l’avoir rencontré ici au printemps. Il faisait à manger et était venu vers moi se présenter. » Le militant s’attarde devant un feu éteint, qui était entretenu « depuis une rencontre avec des Indigènes il y a huit mois » sur cette terre autrefois confisquée à leurs ancêtres.

Il ramasse quelques affaires de camping qu’il avait déposées. « Ici c’est un peu comme sur la lune, quand tu laisses quelque chose, il reste longtemps », observe le jeune homme, musicien qui gagne sa vie en testant des médicaments pour les entreprises pharmaceutiques. Entre les cabanes détruites, il s’arrête sur les anciens lieux de vie, un atelier de réparation, une aire « où on…

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Auteur: Reporterre

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