Les espaces naturels protégés ne sont pas éternels et restent vulnérables aux changements politiques. Ainsi aux États-Unis des liens robustes sont établis entre une majorité républicaine au Congrès et des politiques visant à réduire, supprimer ou déclassifier les aires protégées. Celles-ci sont cruciales pour la préservation de la biodiversité à l’échelle mondiale. La COP 15 de la biodiversité en 2022 aboutissait à la promesse de sanctuariser 30 % de la biodiversité terrestre et marine d’ici à 2030. Alors que la COP16 commence, cet objectif semble loin d’être atteint, avec seulement 8,35 % des mers et 17,5 % des terres sont aujourd’hui protégés. Un avancement minime depuis 2022
Que se passe-t-il pour la biodiversité quand différentes familles politiques se succèdent au pouvoir ? À l’approche des élections présidentielles américaines, les enjeux soulevés par cette question prennent une importance particulière. Nos travaux montrent que lorsque les Républicains gouvernent à l’échelle locale, les déclassements, les réductions ou suppressions des aires protégées deviennent plus probables. Mais pour comprendre comment nous avons pu arriver à ce résultat, reprenons les bases : à quoi sert une aire protégée, qu’est-ce qui menace généralement celles-ci ?
Qu’est-ce qu’une aire protégée ?
Les aires protégées sont des outils couramment utilisés dans les politiques environnementales. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, une aire protégée est un
« espace géographique clairement défini, reconnu, dédié et géré par des moyens efficaces, qu’ils soient juridiques ou autres, pour assurer la conservation à long terme de la nature, ainsi que des services écosystémiques et des valeurs culturelles qui y sont associés ».
Fin 2019, 15 % des écosystèmes terrestres bénéficiaient de cette mesure de conservation, un chiffre encore inférieur à…
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Auteur: Philippe Delacote, Directeur de recherche en économie à l’INRAE et Chaire Economie du Climat, Inrae

