William Walters est sociologue politique à l’Université de Carleton au Canada. Travaillant notamment sur les frontières, il a mené des projets de recherche sur le rôle de l’aviation civile dans les expulsions forcées en Europe et ailleurs. Une partie de son travail est disponible en français dans la revue AntiAtlas de 2022 sur les expulsions par voie aérienne. Son analyse permet de comprendre comment les cibles de la politique états-unienne d’expulsions forcées ont changé avec l’administration Trump, mais aussi la façon dont ces politiques de terreur sont accompagnées d’une communication s’inscrivant dans le projet Maga (Make America Great Again).
Trump a promis d’expulser de force 1 million de personnes migrantes cette année. Ces pratiques changent-elles de degré ou de nature avec les politiques d’expulsion des gouvernements précédents ?
William Walters : Même si Trump a promis un million d’expulsions en un an, il faut garder en tête qu’à certains moments, sous Obama et Biden, il y a eu plus d’expulsions que sous ce nouveau gouvernement fédéral extrême. Si Obama a atteint des taux d’expulsion très élevés pour se légitimer et acquérir un capital politique afin de mener des actions progressistes dans d’autres domaines, ces expulsions concernaient soit des personnes qui venaient d’entrer dans le pays et avaient été arrêtées dans les zones frontalières, soit des migrants ayant fait l’objet de condamnations pénales.
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Aujourd’hui, certains changements sont extrêmement préoccupants, notamment l’ampleur des expulsions vers des pays tiers, avec lesquels les personnes n’ont aucun lien. Autre changement :…
Auteur: Pauline Migevant

