Les États-Unis vivent avec un niveau d’armement civil hors norme et des fusillades de masse qui rythment l’actualité. D’après Gun Violence Archive, on dénombrait 271 fusillades de masse en 2014 (au moins quatre personnes tuées ou blessées, sans compter le tireur), un pic à 689 en 2021, puis encore 503 en 2024.
Quand les homicides ont un mobile politique, ils proviennent très majoritairement de l’extrême droite. Sur 2014-2023, l’ADL (Anti-Defamation League), recense 442 morts liées à l’extrémisme, dont 76 % attribuées à l’extrême droite. En 2023, 17 personnes ont été tuées dans sept affaires. Des suprémacistes blancs sont responsables de 11 de ces victimes.
Malgré ces chiffres, la politique fédérale reste bloquée. Le débat s’enflamme autour des fusils d’assauts après plusieurs massacres, dont le AR-15, devenu un symbole pour une partie de la droite qui défend coûte que coûte le second amendement de la Constitution. En 2022, Joe Biden avait tenté d’interdire ces armes sans y parvenir alors qu’une interdiction en vigueur depuis 1994 avait expiré en 2004.
Deux armes à feu par adulte aux États-Unis
L’opinion, elle, est plus nuancée d’après le Pew Research Center. Environ un tiers des adultes américains déclarent posséder personnellement une arme et 42 % vivent dans un foyer armé. Une majorité d’Américains souhaite des lois plus strictes, et 61 % estiment qu’il est trop facile d’acheter légalement une arme. Il existe toutefois un accord pour empêcher les personnes souffrant de troubles mentaux d’acheter des armes (88 % des républicains ; 89 % des démocrates).
Sur le reste, la fracture est nette. Les Démocrates soutiennent très largement l’interdiction des fusils d’assaut et des chargeurs de grande capacité (85 %), quand la majorité des Républicains s’y oppose. À l’inverse, 74 % des…
Auteur: Maxime Sirvins



