Dans un contexte politique et bioclimatique actuel pour le moins désespérant (A69, tribune de certain·es scientifiques demandant un projet Manhattan de transition dans Le Monde, COP28, etc.), un écologue agacé propose d’interroger à la fois les scientifiques et « la société » dans son ensemble, en proposant aux uns et aux autres de poser un regard différent sur la recherche, un regard qui responsabiliserait un peu plus. Une invitation à questionner le status quo de la recherche en écologie et en climatologie, et à changer de mode d’action.
Écologues, scientifiques du climat : la société nous en voudra.
La société nous en voudra. Elle nous en voudra d’avoir su et d’être resté·es assis·es, derrière nos écrans. D’avoir continué à rédiger rapports et articles par habitude, pour notre plaisir personnel ou par besoin carriériste, voire en prétendant lutter efficacement à l’aide de ces outils. D’avoir lu les chiffres, jour après jour, d’avoir appréhendé leur véracité et leur gravité, mais de ne pas être sorti·es en hurlant notre désespoir, la tête tournée vers le ciel. On nous en voudra à tous et toutes sans faveurs, aux scientifiques qui savaient, et sans distinction aucune. Car la science occupe dans l’imaginaire cette place d’institution monolithique dont la parole n’est qu’une.
La société nous en voudra. Elle nous en voudra d’avoir juré pouvoir prédire avec précision ce qui allait advenir du climat terrestre et des écosystèmes que l’on ravageait. D’avoir continué à raffiner nos modèles mécanistiques et réductionnistes à coups de millions d’argent public déversés par les appels à projets. D’avoir engagé des années d’énergie humaine dans le fignolage de prévisions climatiques et écologiques encore plus détaillées mais de facto toujours moins vérifiables, en continuant d’émettre nos tonnes de CO2 et nos microplastiques inaltérables.
La société nous…
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Auteur: dev

