Stefan Gua est un militant du mouvement écosocialiste Rezistans ek alternativ.
Plus d’une vingtaine d’organisations de l’océan Indien — originaires de l’île Maurice, de La Réunion, de Rodrigues, des Comores et de Madagascar — se sont unies pour dénoncer dans un communiqué la transformation par la France de l’archipel des Glorieuses en une réserve naturelle, alors que celui-ci appartient de droit à Madagascar. Selon elles, il s’agit d’une « idée coloniale et raciste à peine voilée par les habits verts de la protection de la biodiversité ».
En effet, même si le 26 juin 1960 le drapeau tricolore français cédait la place à celui de Madagascar, indépendant après plus de soixante-cinq ans d’occupation, la rétrocession ne fut pas totale. La France maintenait son grappin sur quelques îles avoisinantes, notamment celles des Glorieuses, situées au nord-ouest de la « Grande Île » (surnom de Madagascar), dans le canal du Mozambique.
L’archipel des Glorieuses appartient de droit à Madagascar. Google maps
Pourtant, la résolution 34/91 des Nations unies (12 décembre 1979) invitait « le gouvernement français à entamer sans plus tarder des négociations avec le gouvernement malgache en vue de la réintégration des îles précitées [les Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassa da India], qui ont été séparées arbitrairement de Madagascar ». Même le rappel, une année plus tard, de la violation de la souveraineté territoriale de Madagascar au travers de la résolution 35/123 des Nations unies, qui souligne, « avec regret, que les négociations envisagées dans [la] résolution 34/91 […] n’ont pas été engagées », n’y a rien changé.
Une zone d’importance géostratégique mondiale
En octobre 2019, foulant le sol de la Grande Glorieuse, Emmanuel Macron affirmait la volonté de l’Élysée de classer cette île en réserve naturelle nationale ainsi que les eaux qui l’entourent. Il faut être bien naïf, comme peuvent l’être parfois certaines organisations « écolo-centristes », pour ne voir dans cette déclaration du président français que de l’altruisme vert.
Car les intérêts que défend la France en occupant ces territoires vont bien au-delà de la sauvegarde des espèces endémiques. Pour le comprendre, il faut se souvenir que l’occupation par la France des îles Éparses (dont font partie les Glorieuses) lui octroie le contrôle de quelques 640 000 km2 de mer, qui s’ajoutent aux quelques onze millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive…
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Auteur: Reporterre

