Une lutte de pouvoir à couteaux tirés entre deux familles, égales en ambition et en influence politique, se joue actuellement, non pas à Vérone, mais dans l’archipel des Philippines. Cette querelle, incarnée par le président Ferdinand Marcos Jr. d’un côté et sa vice-présidente Sara Duterte de l’autre, prend un tournant sensationnel, au risque de jeter le voile sur les préoccupations de la population.
Aux Philippines, la vie politique est depuis longtemps une affaire de rivalités de clans. Mais, depuis peu, la tension monte dans les hautes sphères du pouvoir, qui s’apparentent à un véritable panier de crabes où tous les coups sont permis : la vice-présidente en venant à menacer de mort son propre président.
Dans un contexte où l’archipel peine à se remettre du passage d’un typhon – le sixième en l’espace d’un mois –, la vice-présidente, Sara Duterte, s’est mise à menacer de mort son propre président. Dans le même temps, son père, l’ex-président Rodrigo Duterte, est auditionné au Sénat pour la guerre antidrogue qu’il a menée lors de son mandat, ainsi que pour son implication présumée dans le déploiement des « escadrons de la mort », ces commandos chargés d’exécuter les petits délinquants de la ville de Davao, au sud des Philippines, dont il a été le maire pendant près de 30 ans.
Même au regard des standards habituels de la politique philippine, où les cabales et incartades en tout genre sont légion, la situation actuelle, des plus chaotiques, est pour le moins préoccupante.
Affaire de famille(s) : une alliance de circonstance qui tourne mal…
Pour comprendre ces évolutions récentes, il faut retracer l’histoire de deux familles, deux clans rivaux, qui ont jadis collaboré afin de servir leurs intérêts respectifs.
Le président actuel, Ferdinand Marcos Jr., dit « Bongbong », est le fils de l’ancien dictateur, Ferdinand Marcos père, qui a été à la tête…
Auteur: Tom Smith, Associate Professor in International Relations & Academic Director of the Royal Air Force College Cranwell, University of Portsmouth

