« Aux rendez-vous de la morale bourgeoise » : Violette Nozière

En 1933, la France est secouée par l’affaire Violette Nozière : une jeune femme a tué son père qu’elle accuse d’inceste. Alors qu’elle est présentée comme un monstre, les surréalistes publient un libelle prenant sa défense et attaquant la société bourgeoise.

Le 28 août 1933, une jeune fille de 18 ans – mineure donc à l’époque – est arrêtée pour avoir empoisonné son père et tenté de tuer sa mère. C’est le début de l’affaire Violette Nozière. Ce fait divers, à l’heure où se déploie une nouvelle génération de journaux et de magazines qui s’appuient davantage sur la photo, va défrayer la chronique en raison des enjeux qu’il recèle. D’une part, le parricide constitue le crime le plus élevé dans le code pénal. D’autre part, à travers la figure de Violette Nozière, s’ouvre le procès d’une jeunesse (prétendument) frivole qui a succédé à la génération patriotique des tranchées. De plus, celle que les journalistes qualifieront de « monstre en jupons » transgresse, les normes de genre. Enfin, au cours de son interrogatoire, Violette Nozière accuse son père d’inceste.

Tout autant sinon plus que le parricide, c’est d’ailleurs cette « ignoble » accusation (selon la presse) qui fait s’écrouler toute l’institution morale et symbolique du père, qui lui est reprochée. De toute façon, on ne la croit pas et elle sera condamnée à la peine de mort, avant d’être graciée. Le procès de Violette Nozière est ainsi un marqueur du tabou et du déni de l’inceste, ainsi que de l’ensilencement des victimes.

« Fille de ce siècle en peau de cadenas »

Parmi les rares personnes qui la croient et, plus encore, la soutiennent, figurent les surréalistes.

Mon père oublie quelquefois que je suis sa fille
L’éperdu
(…)
Mots couverts comme une agonie sur la mousse
(André Breton)

Fin 1933, ils publient une brochure, composée de huit poèmes et d’autant d’illustrations,…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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