C’est quoi Avaaz ?
C’est une organisation non gouvernementale internationale de cyber-militantisme, fondée en 2007. Se présentant comme un « mouvement démocratique supranational », elle déclare donner les moyens aux citoyens du monde entier de se mobiliser sur diverses questions internationales, comme le changement climatique, les droits de l’homme, la corruption ou la pauvreté.
Son nom, nous dit Wikipédia, vient de la romanisation du mot signifiant « voix » dans un grand nombre de langues, notamment : hindi « आवाज़ » et urdu « آواز ».
Comment rester sourd à ces voix ? Comment ne pas souscrire à des campagnes consensuelles sur la protection des forêts équatoriales et des sites archéologiques, sur l’aide aux régions touchées par une catastrophe naturelle, sur le respect des femmes, etc. ?
Mais, première critique, ce type de militantisme en pantoufles ne risque-t-il pas, en donnant bonne conscience aux signataires de pétitions, de prendre la place des engagements concrets et collectifs pour faire changer les choses ? Comme le dit Evgeny Morozov, « cliquer n’est pas sauver ».
Les fonds qui financent cette puissante organisation ne seraient-ils pas mieux utilisés s’ils bénéficiaient plutôt à des ONG actives sur le terrain ?
Deuxième remarque : sur son site officiel, Avaaz affiche 70 millions de membres. Il suffit d’avoir signé une fois une pétition pour être compté comme membre : ça a dû m’arriver une fois, il y a une bonne dizaine d’années. Ça ne fait pas de moi un membre. Ce comput barnumesque n’inspire pas confiance.
Troisième remarque. Comme elle l’affirme officiellement : « Avaaz est financée à 100% par ses membres et n’a donc de comptes à rendre qu’à ses membres. Nous ne dépendons pas de grands donateurs, fondations, ou groupes d’intérêts. » Fort bien, mais à partir de combien de milliers de dollars est-on considéré comme « grand…
Auteur: André LACROIX

