Les voitures sont-elles en train de devenir trop coûteuses à réparer ? Dans son dernier rapport, l’association Sécurité et réparation automobiles (SRA), émanation des assureurs, pointe l’envolée des coûts de réparation après un sinistre : +29,9 % entre 2021 et 2025, soit plus du double de l’inflation globale sur la même période. L’évolution fait peser des menaces de fin de vie prématurée sur nos véhicules, qu’ils soient thermiques ou électriques.
En cause, la complexification des voitures, désormais bardées de caméras et capteurs. En cas de collision, davantage de pièces sont abîmées, et il peut s’agir d’éléments électroniques coûteux. Or, les pièces de rechange pèsent pour la moitié du coût total des réparations. Deuxième poste de coût qui s’envole, la main d’œuvre (un tiers du coût total) : « Avec un plus grand nombre de pièces sur les voitures, la réparation nécessite davantage de temps de démontage et remontage. Et le travail requiert un personnel plus qualifié », explique à Reporterre Alexandre-Stéphane Haas, directeur de SRA.
« Autrefois, le remplacement n’aurait souvent coûté que quelques centaines d’euros »
Ainsi, le changement d’un pare-brise ne se résume plus à remplacer le vitrage. Il nécessite aussi de recalibrer la caméra, présente derrière le pare-brise sur tous les modèles récents pour l’assistance à la conduite (détection d’obstacles, lecture des panneaux de signalisation…). Dans une étude publiée au mois de février, l’Adac, automobile-club allemand, a chiffré le coût de plusieurs réparations standard pour vingt modèles. Le remplacement du pare-brise dépasse 1 500 euros pour quatorze d’entre eux, dont cinq sont même au-delà des 2 000 euros.
« Autrefois, le remplacement n’aurait souvent coûté que quelques centaines d’euros », commente l’Adac. Outre-Rhin, la seule opération de recalibrage des caméras…
Auteur: Benjamin Douriez

