Des millions de cinéphiles se sont rués dans les cinéma pour voir Avatar 3, il faut bien dire que ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir un film ayant coûté 450 millions de dollars. Il y a quelques semaines, nous avions publiés une recension peu enthousiaste du troisième volet de James Cameron qui voyait dans l’usage de l’IA, le degré 0 du cinéma. Cette seconde critique trouve au contraire qu’Avatar est une franche réussite, un triomphe même, celui de notre civilisation.
Ça commence, l’écran géant s’assombrit, le bruit des publicités laisse place à un grand silence. Nous connaissons la raison de notre présence. Nous répondons à une promesse, celle que les trois heures quinze qui vont suivre nous transporterons loin de notre quotidien, et surtout qu’on en aura plein les mirettes, de créatures fantastiques et de paysages 3D à vous décoller la rétine. On en bave, littéralement, comme au Burger King ou au début d’un film porno, de pouvoir s’en mettre plein la gueule, de s’émoustiller les sens pour pouvoir lâcher une fois rassasiées « Putain, c’était sale mais bon ». Pourtant, lorsque nous sortons de la salle repues d’images et les dents encore collantes de dragibus, quelque chose cloche. Une sensation d’acuité surprenante, rien d’anodin, un mélange de satisfaction et de vertige plane autour de nous, comme si on venait de mettre en image sans le nommer un sentiment partagé. Que vient-il de se passer ?
Évidemment que nous connaissons cette famille, la famille Sully. La famille Sully, elle part en Renault Espace payé à crédit pour ses vacances dans le sud, elle est traversée de conflits générationnels, de scènes de ménage, et même si le deuil secoue un peu, celui de Neteyam, chacun reste bien à sa place. Un père distant, qui part à la pêche aux flingues sans mot dire, une mère guerrière mais dévouée et recluse dans un silence chargé de douleur, des adolescents…
Auteur: dev
