Le 9 avril dernier, le directoire du groupe de presse et d’édition Bayard (La Croix, Le Pélerin, Phosphore, J’aime lire, etc.), annonçait par mail à ses salariés un plan de licenciement de 59 personnes, dans le cadre du « plan stratégique CAP 2029 », mis en place en 2025 et destiné à « restaurer la performance économique de Bayard ».
Sur les 59 postes concernés, 29 (27, grâce à deux départs à la retraite) concernent sa filiale depuis 2004, Milan Presse. A sa création en 1980 à Toulouse, elle affichait la volonté d’être une presse jeunesse laïque, concurrente de la toute-puissante catholique Bayard – détenue par la Congrégation des Augustins de l’Assomption depuis 1873.
« Pour moi, CAP 29, cela veut dire que Bayard se sera débarrassé de Milan en 2029 », nous confie une salariée qui souhaite rester anonyme vu l’ambiance délétère qui règne dans l’entreprise.
Connivence entre Bayard et l’empire de Pierre-Édouard Stérin
Le Directoire de Bayard a essuyé un échec quand, en novembre 2024, François Morinière, l’un de ses deux membres, a tenté d’imposer Alban du Rostu comme directeur de la stratégie et du développement. Une heure de grève des salariés parisiens et de fortes contestations l’ont forcé à reculer.
Du Rostu ? Un très proche du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin. Venu du cabinet Mc Kinsey, il a dirigé le Fonds du bien commun et a participé à l’installation de Périclès, son projet à 150 millions d’euros qui cherche à imposer sa vision réactionnaire.
Arrivé en 2024 à la tête de Bayard, François Morinière continue de graviter dans la galaxie Stérin puisqu’il préside le Fonds de dotation de la Nuit du bien commun depuis 2023. L’événement sert à lever des fonds pour des associations caritatives, dont certaines d’orientation catholique traditionnelle, comme la Maison de Marthe et Marie, accusée de réaliser un lobbying…
Auteur: Valérie Lassus

